Usine de TANGER : la face apparente de l’iceberg
Communiqué RENAULT GUYANCOURT – AUBEVOYE
Lorsqu’il inaugure aujourd’hui la nouvelle usine RENAULT située à Tanger au Maroc, Carlos GHOSN baptise bien plus qu’un site de production. Ces nouveaux murs témoignent visuellement des orientations qu’il a fait prendre à notre entreprise depuis qu’il en est devenu le PDG en 2005 : la délocalisation d’activités sous couvert d’internationalisation.
En 2005, les ventes mondiales de RENAULT étaient de 2 250 840 véhicules. A fin 2010, elles avaient fondu de 6% pendant qu’au cours de la même période, DACIA s’est renforcé de 12%
Ces résultats sont le reflet de choix stratégiques : alors que les investissements pour la gamme
RENAULT se contractaient, DACIA bondissait d’un modèle central « Logan » à une gamme
complète qui couvre aujourd’hui presque tous les segments.
Si « les clients ne sont pas les mêmes », en 5 années la marque RENAULT a perdu des parts de
marché et les usines françaises ont vu leurs productions reculer.
Le syndicat SUD dénonce les dessous qui ont accompagné ce recul :
des sites d’ingénierie, contraints de transférer de plus en plus d’activités de développement
moteurs, boites de vitesses, véhicules, achats, essais et validations vers la Roumanie, l’Inde
et la Corée,
des usines françaises systématiquement mises en concurrence avec des sites étrangers,
des fournisseurs poussés à construire leurs outillages en Asie, en Chine,
des entreprises sous-traitantes acculées par des offres de contrats toujours plus basses,
des prestataires forcés de délocaliser à leur tour leurs études en Europe Centrale pour des
véhicules destinés au marché d’Europe Occidentale,
Le concept « low cost » si cher à Carlos GHOSN ne passe pas que par « des usines dans lesquels il y a les coûts de main d’œuvre extrêmement compétitifs », il est imposé à tous les niveaux de RENAULT et contrairement aux apparences, au détriment de l’outil industriel que l’entreprise a mis plus d’un siècle à construire sur son sol.
