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Suicides au Technocentre RENAULT. Reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur

vendredi 20 mai 2011, par Solidaires industrie

Communiqué SUD RENAULT

La cour d’appel de Versailles vient de reconnaître la responsabilité de la direction de RENAULT dans le suicide de l’un de ses ingénieurs en 2006. Dans son arrêt, le tribunal confirme que « la mort est consécutive à une faute inexcusable de l’employeur  », et conforte pleinement le jugement de 2009 du Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale (TASS) de Nanterre qui avait effectué les mêmes condamnations au motif que la direction de RENAULT « aurait dû avoir conscience du danger auquel son salarié était exposé dans le cadre de son activité professionnelle ».
Ce jugement en appelle d’autres, car d’autres dossiers en cours doivent aboutir aux mêmes conclusions.

Malheureusement au Technocentre et dans l’entreprise, rien n’a fondamentalement changé depuis 2006…

Identifiés comme directement responsables de risques psychosociaux 3 fois plus élevés que la moyenne nationale par le cabinet Technologia dans son enquête de 2008, les plus importants problèmes restent d’actualité :

La charge de travail est devenue le sujet discret d’une « commission paritaire locale » qui se complait en réunions stériles, alors que la direction martèle son nouveau plan RENAULT 2016 autour de la réduction de 30% des coûts et la diminution de 6 mois des délais de développement. La pression demeure.

L’organisation du travail : la direction décide d’abandonner les horaires fixes de travail au profit d’une plage horaire allant de 6h45 à 19h30 pour tous, sauf pour les ingénieurs et cadres dont la journée se finit toujours impitoyablement à 20h30. La flexibilité s’accroît.

La reconnaissance en 2011 s’est traduite par une Augmentation Générale des Salaires de 1,7%, le comble du mépris lorsque l’on apprend que le Conseil d’Administration a décidé d’auto-augmenter ses jetons de présence de 56% !
Au Technocentre, 50% des salariés APR et ETAM n’ont eu aucune augmentation individuelle et 20% des cadres se sont vus attribuer entre 0 et 1,5% en récompense de tous leurs efforts pour sortir l’entreprise de la crise…

La récente pantalonnade autour des fausses affaires d’espionnage est aussi révélatrice en la matière : la gouvernance de RENAULT se moque de ses salariés et reste leader des risques psychosociaux pour longtemps, malgré les avertissements judiciaires.

SUD RENAULT n’acceptera jamais que l’organisation du travail puisse tuer, blesser ou handicaper les femmes et les hommes de l’entreprise.

19/05/2011

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