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Notre santé n’est pas à vendre !

vendredi 8 février 2008, par Solidaires industrie

État de la réflexion et cahier revendicatif, en cours, dans les syndicats qui composent Solidaires Industrie et qui sont confrontés à la montée de la pénibilité au travail.

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Une définition de la pénibilité, générale, comme le demande le Medef nous paraît relever davantage des sciences sociales que du syndicalisme. La pénibilité dans les ateliers prend des formes très diverses, nouvelles ou/et anciennes dont nous donnons un aperçu ci après.

Ce qui est certain, c’est qu’il faut changer l’organisation du travail !

Pour l’ensemble de nos syndicats et des ouvrier-e-s qui composent Solidaires Industrie, la vie au travail est, certes, le reflet d’un contrat entre salarié-e et employeur qui vise à fournir une force de travail contre une rémunération. Mais c’est aussi, une relation humaine qui permet une affirmation, une reconnaissance de soi, un lien social (entre salarié-e-s, avec la maîtrise….) qui doit être pris en compte.

Nous refusons, comme le demande le Medef, d’envisager la possibilité de légiférer sur la pénibilité uniquement métier par métier. il faut que cette pénibilité face l’objet d’accords au plus haut niveau, législatifs ou, au niveau des conventions collectives de branches.

Nous ne voulons pas définir les métiers « pénibles » pour permettre de rallonger la retraite des autres !

Nous demandons la mise en place d’outils de mesure de la pénibilité via l’ergonomie, via les statistiques et accidents professionnels, via l’inspection du travail. Il faut d’abord une volonté politique de prendre en compte l’usure prématurée ou l’usure tout court due au travail pour des mesures de départs anticipés. Pénibilité et Productivité.

Il y a un lien absolu entre la pénibilité et la productivité.

Les causes sont identifiées et multiples, des remèdes existent :

- La pénibilité du travail est liée à la déréglementation du travail. Il faut arrêter de démolir le code du travail.

- Il faut s’opposer au culte de la performance, de la rentabilité, des objectifs, chaque année, voire chaque mois toujours plus ambitieux qui intensifient à l’extrême nos conditions de vie et de travail. Les notions de « cœur de métier » induisent que toutes les autres activités doivent être mises de côté. On peut faire le parallèle avec les individus qui seraient censés laisser aux vestiaires leur vie sociale, affective, personnelle, de souffrance au travail ou ailleurs. Dans la vie réelle ça ne se passe pas comme dans l’imaginaire et les schémas préconstruits des « managers » productivistes ! (On a vu des salariés considérés en faute parce qu’ils allaient aux obsèques d’un parent, d’un ami car cela risquait de « plomber » l’objectif de production du jour.)

- Il faut arrêter la pression permanente sur les salarié-e-s pour augmenter le productivisme. Le mode d’organisation du travail moderne est source de stress.

- Il faut baisser l’intensité du travail. Les gains de productivité extrêmement élevés obtenus par le travail ne doivent plus se retourner contre les salarié-e-s par des suppressions de poste. - Ce n’est plus pour des raisons techniques mais productives qu’on développe aujourd’hui les horaires atypiques (travail posté, travail de nuit, de week-end, heures supplémentaires plus généralement). Beaucoup se retrouvent dans l’impossibilité d’organiser à minimum leur vie personnelle.

- Il faut réduire les horaires de travail où ils sont trop étendus (chez Renault à Guyancourt, avant intervention syndicale les horaires de journée « normale » s’étendaient de 5h30 à 23h) chez les ingénieurs, techniciens et cadres. Cela est vrai chez les donneurs d’ordre, ça l’est davantage au niveau des sous traitants et prestataires lorsque les pressions faites sur les activités de projets pour atteindre des délais impossibles à tenir dans des journées « normales » sont accompagnés de pénalités financières pour ces entreprises si les délais ne sont pas tenus.

- Il faut rétablir des pauses supprimées (repas par exemple).

- Il faut rétablir une vie sociale et conviviale à l’entreprise qui permettrait de surcroît une réflexion collective sur le travail.

- Le départ en retraite anticipé pour les travaux pénibles n’empêcherait pas les suicides, les tensions, les divorces, le stress, le dérèglement de la vie de famille dans la vie active.

- La pénibilité est liée au manque de moyens. Ceux ci ne sont pas en adéquation avec les politiques d’objectifs, de productivité, de résultats…

- La pénibilité est liée, bien sûr, au manque d’effectifs.

Pour les catégories sociales des précaires, des ouvrières, les salarié-e-s des PME ce qui précède est vrai mais pour ces catégories, la situation est encore pire.

Des mesures immédiates à prendre.

Il n’empêche que des mesures peuvent être prises dès maintenant :

- Texte législatif renforçant les mesures contraignantes sur l’obligation patronale de respecter la médecine du travail.

- Revenir sur les législations autorisant le travail de nuit (hommes/femmes) de week-end, et les heures supplémentaires pour les activités non indispensables.

- Arrêt de l’extension des horaires atypiques.

- Prise en compte réelle par les employeurs des handicaps moyens et légers (COTOREP)

- Rétablissement de la Cessation Progressive d’Activité.

- Rétablissement de la préretraite à 57 ans

- Rétablissement de la CASA (Cessation Anticipée d’Activité de Salariés âgés signée en 1999) avec embauches correspondantes.

- Extension des droits du salarié.

- Retraite à 37,5 annuités.

- La médecine du travail doit être totalement indépendante du patronat..

- Renforcement des pouvoirs et des effectifs de l’inspection du travail et de la médecine du travail.

- Possibilité légale (comme en Belgique) de l’obligation à repenser l’organisation du travail.

- Pas d’ouvriers sur les lignes de montage après 50 ans en réintégrant des postes et des activités sous traitées ou/et délocalisées.

- Prise en compte de la pénibilité pour les salarié-e-s qui ont été victimes de l’amiante ou/et des produits dangereux (cancérigènes, benzène, thrichlo….).

Paris le 07/02/2008

Solidaires Industrie 144 bd de La Villette 75019 Paris 01 58 39 30 16

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