Grève et manifestations interprofessionnelles, le jeudi 27 mai !
Tract Solidaires
Le gouvernement prépare une grave remise en cause de nos droits à la retraite. Refusant de s’attaquer aux profits faramineux des actionnaires, il entend faire payer les salarié-e-s : remise en cause de la retraite à 60 ans, forte diminution des pensions, voilà le projet du gouvernement et du patronat ! Surfant sur la « crise grecque », ils annoncent un plan de rigueur, c’est-à-dire d’autres attaques contre les salarié-e-s, les retraitée- s, les chômeurs/ses, les jeunes, … pour maintenir et même grossir les bénéfices des entreprises et la richesse des plus riches !
Gouvernement et patronat s’attaquent à nos droits à la retraite
Ils affirment que c’est inéluctable pour deux raisons : l’espérance de vie augmente, il y a de plus en plus de
retraité-e-s, et il n’y a pas d’argent pour financer le système de retraite. Ils mentent.
L’augmentation de l’espérance de vie est un phénomène très progressif mais qui dure depuis des siècles ; ça n’a rien d’exceptionnel aujourd’hui. N’est-ce pas le sens de l’histoire, du progrès humain, que de bénéficier de quelques années supplémentaires de retraite, si nous vivons un peu plus vieux qu’auparavant ? Sans oublier toutes celles et tous ceux qui meurent au travail ou usé-e-s par le travail, et n’atteignent pas la retraite…
En 2000, 2 salarié-e-s cotisaient pour 1 retraité-e. En 2040,
il n’y aura qu’1,25 salarié-e pour 1 retraité-e. Certes, mais
chaque salarié-e de 2040 produira, pour le même temps
de travail, autant que 2 salarié-e-s de 2000. Il y a donc
largement de quoi payer les cotisations d’1 retraité-e, et
aussi augmenter les pensions, les salaires, diminuer le
temps de travail.
De l’argent, il y en a !
Le Conseil d’Orientation des Retraites estime
qu’en 2050 le besoin de financement des
régimes de retraite serait de 115 milliards
d’euros. Mais le Produit Intérieur Brut sera
alors supérieur à 3 800 milliards d’euros ; soit
1 900 milliards de plus qu’aujourd’hui. Et ce
serait difficile de trouver éventuellement 115
milliards pour nos retraites, dans ces 1 900
milliards supplémentaires ?
Rappelons que le bénéfice des seules
entreprises françaises du CAC 40,
uniquement pour les années 2007 à 2009,
c’est … 212 milliards d’euros !
Il n’y a pas de problème des retraites !
Il y a l’urgence d’une autre répartition des richesses !
Dans le système économique en place, la répartition des
richesses produites collectivement est totalement injuste.
Une partie de ce que qui est produit par celles et ceux qui
travaillent leur est volée, pour enrichir les actionnaires.
Quand le mouvement social est faible, le patronat est plus
fort. Ainsi, ces dernières années, l’inégalité de la
répartition des richesses produites s’est encore renforcée,
au profit des actionnaires, au détriment des salarié-e-s.
Nous avons perdu en salaires, protection
sociale, retraite, ce que patrons et actionnaires
ont gagné en profits supplémentaires
(quasiment 3 fois plus qu’en 1982)
La lutte des classes existe, et le patronat la
mène très efficacement, pour lui. Et si on
inversait la tendance ?
Pour cela, il faut se battre ensemble : salarié-e-s du privé et du
public, chômeurs/ses, retraité-e-s, jeunes en formation, …
Le gouvernement utilise l’exemple grec pour nous imposer un plan de rigueur, mais il ne dit pas qui est responsable de cette situation !
La crise grecque et maintenant les menaces pesant sur le Portugal, l’Espagne, l’Italie (aucun pays ne pouvant d’ailleurs se croire à l’abri), illustrent les impasses de l’Union européenne (UE). Elle s’est construite sur la concurrence entre les Etats, sur le moins disant fiscal et social avec des règles visant à exclure le plus possible l’intervention politique de la sphère économique.
Ainsi l’UE s’est dotée de règles strictes en matière
de dette et de déficit public, les fameux critères de
Maastricht, et il est interdit à la Banque centrale
européenne (BCE) de financer les Etats. Ces règles
étaient censées permettre la convergence des
économies des différents pays et faire de l’UE une
zone de stabilité monétaire. Elles ont abouti à leur
contraire. Les trajectoires économiques des pays
ont totalement divergé, l’Allemagne par exemple a
mené une politique d’austérité contre sa
population pour gagner des parts de marché sur
ses voisins européens. Pour rester dans les critères
de Maastricht, les autres doivent faire de même,
réduire le coût du travail… et la spirale du
dumping social continue, sans fin si nous
laissons faire.
Loin d’être une zone de stabilité, l’UE est
aujourd’hui livrée à une spéculation financée, de
fait, par la Banque centrale européenne : les
banques se refinancent auprès d’elle à un taux de
1% pour prêter aux Etats à des taux qui sont allés
jusqu’à 10 % dans le cas de la Grèce.
Et les marchés, comment ils vont ? Pas mal, et assurément mieux que vous !
A peine les détails de l’attaque sans merci contre le peuple grec étaient-ils réglés que « les marchés » connaissaient déjà une importante hausse ; comment mieux exprimer à quel point le Fonds Monétaire International et l’Union Européenne n’ont qu’un but : restaurer de fortes marges de profits pour les spéculateurs et les actionnaires, en écrasant les populations si c’est nécessaire.
Il faut casser cette spirale infernale, imposer une
logique différente, basée sur les besoins de la
collectivité, et plus centrée sur les seuls appétits
financiers d’une minorité.
Journée interprofessionnelle de grève et de manifestations le 27 mai
Déjà, dans plusieurs secteurs professionnels, les
syndicats appellent unitairement à la grève le 27
mai. Les manifestations unitaires s’organisent
dans les départements.
Nous voulons un meilleur régime de retraite
pour tous, pas la régression sociale !
Nous refusons la rigueur pour les
travailleurs/ses, qui ne sert qu’à garantir les
profits d’une infime minorité.
Sans action collective forte des salarié-e-s,
Sarkozy se permet de recevoir 5 confédérations
sociales pour ce qu’il appelle un « sommet
social » où les seules décisions annoncées sont
l’abandon de quelques mesures qui aidaient un
peu les plus démuni-e-s !
Notre force le 27 mai aura des conséquences
sur le niveau des attaques du projet de loi sur
les retraites que le gouvernement publiera
quelques jours plus tard.
Beaucoup de grévistes et de manifestant-e-s le 27 mai, c’est indispensable pour
travailler à une suite. Pour l’Union syndicale Solidaires, réussir une journée d’action
n’est pas une fin en soi ; mais c’est indispensable aujourd’hui pour créer les
conditions d’un mouvement plus long, pour gagner.
Solidaires Industrie
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