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Le Brasero n°5. Le bulletin de liaison de l’Union Syndicale Solidaires Industrie

mardi 26 mai 2015, par Solidaires industrie

L’INDUSTRIE 4.0 ?

Les gouvernements se succèdent mais les politiques menées sont toujours du côté du patronat. Les « 34 plans », présentés par l’ex-ministre Montebourg pour une « nouvelle France industrielle » ont été condensés autour de « 9 Solutions » mises en avant par Macron. Ce dernier a d’ailleurs résumé sa vision personnelle de la réindustrialisation : « La clef de notre réussite industrielle, c’est l’invention d’une mentalité nouvelle qui ne repose plus sur de la conflictualité, sur une fausse lutte des classes ».

On l’aura donc compris, la première mission de cette « révolution industrielle » sera d’abord une révolution des relations sociales, avec la volonté du patronat et du gouvernement de nous rejouer le coup des « intérêts communs », et l’objectif d’être le plus compétitif au niveau international.

Concrètement, les 34 plans dévoilés en septembre 2013, basés sur le développement d’un produit spécifique (bornes de recharges, voiture consommant moins de 2 litres aux 100 km, etc.) sont transformés en 9 « solutions clefs » pour l’avenir. Tout un programme ! Financés par les fonds restants pour les 34 plans (3,4 milliards d’euros), auxquels s’ajoutent 1,5 milliards déjà utilisés, soit un total de 5 milliards d’euros, les 9 axes prioritaires sont totalement déconnectés de la politique de l’emploi ou d’un contrôle des entreprises : mobilité écologique, transport de demain, confiance numérique, médecine du futur, économie des données, objets intelligents, alimentation intelligente, ville durable, nouvelles ressources.

A la lecture des items, on sait bien que les secteurs visés pour le développement sont ceux dont le potentiel de profit est le plus important pour les entreprises, indépendamment des besoins de la population.

Au-delà des questions qui ne sont pas abordées, telle la planification démocratique, la coopération au niveau européen ou encore la constitution d’un pôle public industriel, l’industrie du futur, dite « 4.0 », est surtout celle des « robots ». Le fantasme d’une 4e révolution industrielle, vers le tout numérique, entraîne patronat et gouvernement à vouloir des usines dites « intelligentes », à savoir débarrassées d’ouvriers et d’ouvrières.

Les estimations s’annoncent déjà catastrophiques : la suppression de 3 millions d’emplois contre - au plus haut - 900.000 emplois créés, la plupart qualifiés ou très hautement qualifiés. Plusieurs exemples existent déjà en France (et en Allemagne, où les syndicats ont été associés en amont au pilotage du plan industriel) et sont mis en avant : l’équipementier aéronautique Daher dispose d’une ligne de production automatisée dotée d’un robot hyper-efficace et compte en avoir bientôt trois. Cette situation n’est pas isolée à un secteur : dans l’automobile, PSA vient d’ignaurer près de Rennes une ligne robotisée maniant les matériaux composites, et dans l’agro-alimentaire, Triballat Noyal a installé un logiciel capable de calculer précisément les consommations énergétiques de son usine.

Sans baisse drastique du temps de travail, cette révolution industrielle sera avant tout destructrice d’emplois et ne viendra pas faciliter le travail des salarié-e-s ; c’est un enjeu de taille, afin de faire en sorte que nos usines ne continuent pas à disparaître sous prétexte du progrès, alors que l’innovation et la technique sans acquis sociaux et le plein emploi n’auraient aucun sens.

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Le Brasero n°5. Le bulletin de liaison de l’Union Syndicale Solidaires Industrie
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