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7500 suppressions d’emplois, blocage des salaires... L’accord de la honte à Renault !

lundi 8 avril 2013, par Solidaires industrie

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7500 suppressions d’emplois, blocage des salaires... L’accord de la honte à Renault !
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Les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC, et FO ont signé l’accord de « Contrat pour une nouvelle dynamique de croissance et de développement social de Renault en France ». Cet accord ne garantit aucunement le maintien de l’activité en France à long terme, au contraire, il en hypothèque l’avenir. Mais surtout, il entérine un recul social et salarial sans précédent.

Un effort équitable ?

Faux, La partie variable 2012 du salaire de Carlos Ghosn représente 480 000€. Rapporté à sa rémunération annuelle globale, qui s’élève à 12 millions d’euros, cette somme représente pour le PDG seulement 8 jours de salaire. Il touchera de toute façon cette somme en 2016, car ce n’est qu’un report, alors que pour nous les salaires seront purement et simplement bloqués en 2013. La direction compte ponctionner sur notre dos 551 millions d’Euros, mais versera cette année 508 millions de dividendes aux actionnaires. De plus, elle a maintenu le versement de la PPG 2012. Prétendre que cet accord est équilibré est ridicule.

La direction s’engage ?

Faux, la direction s’engage sur du vent. Elle promet 110 000 véhicules à Flins alors que l’usine en a produit 117 000 en 2012. La phase 3 du Kangoo à Maubeuge et le 15/40 à Douai étaient menacés ? Au vu des capacités de production de l’entreprise, il s’agissait la encore d’un bluff grossier. Cet accord pourra être remis en cause dès 2014 : Au chapitre 12, on y lit : « Si malgré les efforts de tous, des engagements majeurs ne pouvaient être tenus, un point de la situation sera fait dès 2014 par les parties signataires afin de tirer suffisamment tôt les enseignements positifs et négatifs de l’application de l’accord et d’en tirer les conclusions nécessaires notamment pour ce qui pourrait concerner la réversibilité de telle ou telle disposition. »

Un accord qui sauvegarde les emplois ?

Faux, ce sont 7500 suppressions d’emplois qui sont programmées.

Un accord qui évite les fermetures de sites ?

Faux, c’est au contraire la baisse des effectifs qui va accélérer les fermetures. Les 5500 suppressions d’emplois en production, représentent quasiment l’effectif de deux usines et les 2000 postes supprimés dans l’ingénierie

Un recul social de 165 ans.

4 mois de périodes de forte activité, avec possibilité de travail obligatoire le samedi. Réduction de 11H à 9H du temps minimum de repos entre deux séances de travail et pour les soi-disant volontaires la possibilité de faire des journées de 12 heures. Pour finir, nos jours de RTT individuels pourront être réquisitionnés pour compléter les périodes de faible activité, afin de parvenir aux 1603h annuelles. Voici les mesures supplémentaires de flexibilité qui ne faisaient pas partie des présentations de la direction et qu’elle a glissé dans l’accord. Pour rappel en France la journée de 12H date de 1848 et celle de 8H de 1919. On comprend mieux pourquoi le PDG adopte un large sourire sur la photo censée immortaliser cet accord honteux.

Ce n’est pas à nous de payer

Les ventes sont en berne en Europe et ce sont les véhicules qui sont produits en France qui sont les plus touchés. Mais ce ne sont pas les salariés qui sont responsables de cette situation, car c’est bien la direction qui a préféré, depuis 2008, privilégier le low-cost. C’est aussi la direction qui, de concert avec tout le patronat, dope le chômage en réduisant les effectifs et notre pouvoir d’achat. Au contraire, il faudrait des droits nouveaux pour les salarié-e-s afin de défendre l’emploi, comme un droit de Veto des Comités d’Entreprise. A PSA, chez les sous-traitants ou ailleurs, la solidarité entre salarié-e-s de l’automobile face au patronat doit être de mise, notamment par la création d’un fonds patronal mutualisé au niveau de la branche.

Renault n’est pas en mauvaise santé

Les chiffres sont sans équivoque : 1 ,735 milliards d’Euros de bénéfice, un free cash flow positif de 597 millions d’euros, 13,5 milliards de trésorerie disponible, 508 millions versés aux actionnaires. Mais cela n’empêche pas direction de nous ressortir ses vieux arguments pour tenter de nous faire croire que ces résultats sont en trompe l’œil. Car c’est bien connu, pour la direction : quand Renault fait des bénéfices, ce n’est jamais grâce à Renault ! Selon elle, les plus values viendraient de la vente des actions Volvo et des entreprises associées. Pourtant, c’est bien Renault qui à racheté Volvo, Nissan, Avtovaz, d’ailleurs à l’époque, la direction nous expliquait qu’il n’y avait plus d’argent pour nos augmentations de salaire. Maintenant qu’elle en tire des bénéfices, la direction nous dit que ce n’est pas lié à Renault et que l’on doit faire des sacrifices.
Pour RCI banque, c’est la même chose, les profits réalisés en utilisant l’argent brassé grâce à la vente et au financement des voitures, ne seraient, eux aussi, pas dus à notre travail.Que les ventes battent des records ou baissent, les bénéfices pleuvent, les actionnaires empochent les dividendes et les dirigeants se versent la PPG, mais pour nous c’est toujours le même discours : il faut faire des concessions.

Des signataires biens prévisibles

Le gouvernement n’a pas arrêté de s’immiscer dans les négociations et a montré clairement son soutien à la direction. Le Ministre Montebourg non content de déclarer que Renault n’avait pas franchi la ligne rouge, a même été jusqu’à jouer l’entremetteur en convoquant les délégués centraux. Il s’est ensuite félicité de la signature de l’accord. Parmi les signataires, nous connaissons déjà les syndicats CFE-CGC et FO, qui sont courageusement prêts à tout signer, puisque de toute façon ils font partie intégrante de la maison.
La CFDT, qui défendait l’an dernier les augmentations de salaire, n’a depuis la dernière élection présidentielle fait pour ainsi dire aucune apparition nationale sur le terrain des luttes. Le responsable de ce syndicat chez Renault signe maintenant le blocage des salaires, soutenant ainsi un gouvernement qui a clairement choisi le camp du patronat. Le résultat parle de lui-même : le prétendu réalisme du syndicalisme de négociation et de réforme, n’est qu’une chimère qui ne mène qu’aux reculs. L’histoire nous montre que toutes les grandes avancées n’ont été obtenues que sous la pression sociale et nous espérons bien retrouver prochainement tous les déçus de ce type de syndicalisme dans les luttes. Ne comptons que sur nous-mêmes !

Pour un syndicalisme de lutte et démocratique

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